| Je m'appelle Nako, Guia Risari, ill. Magali Dulain, Le Baron perché, 2014 |
Magali Dulain nous enveloppe de douceur. Ses images où la nature, très présente,
est représentée de manière délicate offrent à la fois une escapade hors des
sentiers de nos villes mais aussi une immersion dans un monde étrange et
merveilleux. Deux albums à découvrir d’urgence en cette saison où les feuilles
commencent à tapisser nos pieds.
Au baron perché, Magali Dulain a
illustré un album d’une grande délicatesse qui donne la parole à un enfant rom. Je m’appelle Nako raconte le quotidien
d’un enfant qui doit faire face aux préjugés que ses camarades d’école
véhiculent sur son peuple. Face aux offenses de la cour de récré, Nako nous
explique, à nous lecteurs, avec modestie et simplicité, toute la richesse
de son peuple. Combattre l’ignorance et la bêtise humaine avec des mots
empreints de chaleur. Je m’appelle Nakoest un album délicat
pour percer le cœur des enfants tsiganes. Le livre se clôt sur des
proverbes roms, chacun logés dans un nuage où l’on découvre la poésie des gens
du voyage. Ce n’est pas la destination mais la
route qui compte.
C’est l’automne. Un enfant se promène
dans la forêt, une nature luxuriante, verte et orangée.
Un lapin dans son terrier fait un somme,
tandis que son compère du terrier voisin, attend son réveil. A deux, c’est
mieux, toujours... Une affirmation dont Le Renard perché en est la dernière illustration que j’ai en main.
Un enfant, dont on ne découvre à la
première page, qu’une face étonnée et de beaux cheveux roux, a remarqué
une chose étrange: un renard perché sur un arbre. Au loin, le garçonnet a
repéré son pelage orange, du même ton que les feuilles de l’arbre qui abrite
l’animal et du même roux que ses mèches. L’enfant rejoint le renard. Ce
dernier, nullement dérangé, continue à guetter au loin. Que fait ce renard sur
cet arbre, immobile et dans un équilibre instable sur sa branche, à observer
l’horizon ? Le Renard perché est une ode à l’amitié et à la patience. Bien sûr, on pense au renard du Petit Prince et on se dit que les renards, réputés
pour être rusés, sont aussi, en littérature, de beaux spécimens de
tendresse.
Le décor du Renard perché est splendide et l’on aime se perdre
dans cette forêt au milieu des chardons, lierres, fougères et baies... Une auto
jaune serpente au bas de la montagne rose. Dans la vallée, une cheminée fume.
Que de choses à voir et à rêver. Quand l’enfant commence à se rapprocher du renard,
le dessin se resserre autour du visage du garçon et de la tête de l’animal et
dans ce très beau face à face, on ne sait qui de l’enfant ou du renard, se
laisse apprivoiser. Bouleversant.
Magali Dulain, originaire de Nantes, vit
et travaille à Lille.
Bibliographie :
Je m’appelle Nako, avec Guia Risari, le
Baron perché, mars 2014
Le Renard perché, avec Quitterie
Simon, Casterman, août 2014



